LE LYON DES GONES

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HÔPITAL DE L'HOTEL DIEU

Remerciements à Céline Chaux (CHU de Lyon) pour son autorisation et M. Bollin pour sa collaboration.

Au voisinage de l'an mil, une congrégation laïque se créa pour faciliter les pélerinages et les échanges : ce fut la Confrérie des frères pontifes. Les hôpitaux du Moyen Âge étant de petite capacité d'accueil, les échevins de Lyon (dont Gadagne) décidèrent de construire un grand hôpital, sur les lieux de l'actuelle chapelle. C'est l'Hopital de Notre-Dame de la Pitié du Pont-du-Rhône ou Grand Hotel Dieu. En 1622, les locaux devenus exigus sont détruits et remplacés par un ensemble de constructions en forme de croix, groupées autour d'un dôme central : les salles des Quatre-Rangs.

 

 

 

 

 

 

En 1532, Francois Rabelais est nommé médecin de l'Hôpital, il avait à sa disposition une vingtaine de religieuses. Rabelais a quitté subitement son poste en 1535, probablement à cause de l'affaire des Placards. Louis XIV autorise trois  loteries successives afin de rassembler les subsides nécessaires à la prise en charge des soldats des armées d'Italie et de Catalogne. Il accorde également de nouveaux privilèges à l'Hôtel-Dieu.

 

 

 

 

 

 

Le batiment actuel, qui étale sa facade le long du Rhône sur près de 400 mètres, fût construit au XVIIème siècle dans le style néo-classique par le célèbre architecte Jacques-Germain Soufflot qui en établit les plans. De  1741 à 1761 est construit sur les courtines du Rhône le « temple magnifique », véritable monument élevé à la fièvre. La façade en pierre de taille blanche est véritablement opulente avec une riche décoration extérieure. Le grand dôme est construit à partir de 1755 afin de permettre le renouvellement de l'air dans les immenses salles communes.

 

 

 

DETRUIT EN 1944

Au moment de la Libération de Lyon, des hommes armés se trouvaient dans le clocher de l'Hôtel Dieu. Il semble qu'il existe deux versions différentes de cet événement :
1- Des miliciens auraient ouvert le feu sur les véhicules des libérateurs et auraient attiré une riposte mettant le feu au clocher.
2- Des maquisards étaient dans le clocher et un véhicule allemand sur les quais.

 

 

 

 

 

 

Dans un article paru en juin 1945 dans Lyon medical, Martin Basse donne plus d’informations sur les circonstances de l’incendie,

« Le lundi 4 septembre 1944, sur le pont Wilson en partie détruit par les Allemands en retraite, et seul utilisable des ponts lyonnais sur le Rhône, une foule se pressait, défilant par quart d'heure alternés. Alors que le sens de traversée allait de la rive gauche à la rive droite, quelques suspects conduits à la Part-Dieu ou à Montluc, les mains assemblées derrière la nuque, tentèrent de passer en sens inverse. Sur le pont, de petites camionnettes américaines étaient garées le long du parapet sud, dans la partie ouest.
A ce moment, assure-t-on, des partisans, embusqués dans la partie supérieure du Dôme de l’Hôtel-Dieu, ouvrirent le feu sur l'escorte des suspects ; celle-ci riposta à coups de mitraillettes. Les soldats qui accompagnaient le convoi tirèrent également à coups de fusils-mitrailleurs. Parmi les projectiles se trouvaient sans doute des balles traçantes. La fusillade dura quelques minutes. La foule des passants n'eut d'autres ressources que de se précipiter à terre pour éviter les projectiles et s’abriter derrière le parapet, les voitures, les réverbères, de progresser à quatre pattes pour gagner le débouché du pont et une zone moins dangereuse. On releva des blessés.
Mais bientôt, du fait de la fusillade, un incendie se déclara parmi les vieilles charpentes du Dôme. Les pompiers ne purent être alertés et d'ailleurs leurs pompes n'eussent pu traverser les ponts démolis : quelques instants après, un haut panache de flammes et de fumée s'élevait au-dessus du Dôme. L’œuvre audacieuse, qui avait fait pendant près de trois siècles l’orgueil des Lyonnais, n'était plus qu'un souvenir enseveli parmi les poutres calcinées et l'amas des cendres.
»

cf : le guide du savoir

 

 

 

Ce dôme qui était en fait à l'origine une chapelle fût reconstruit d'après les plans originaux. Il est remarquable tant par ses proportions que par son style. A noter l'ouverture dans le dôme qui "permettait " aux miasmes de s'échapper.

 

 

 

L'Hôtel Dieu est actuellement un centre hospitalo-universitaire dépendant des Hospices civils de Lyon. Il renferme également le Musée des Hospices Civils de Lyon, témoin de son riche passé. Sa désaffectation est prévue, il semble que les bâtiments historiques puissent être convertis en grand musée médical et anatomique. Aucune décision officielle n'a été encore rendue.

 

 

 

Les statues du roi Childebert 1er et de la reine Ultrogothe, fondateurs du tout premier hôpital en 549 ornent l'entrée principale.

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

 

Cinquante mille baptêmes ont été célébrés ces trente dernières années dans la chapelle de l’Hôtel-Dieu, vénérable institution hospitalière qui étire ses augustes façades le long du Rhône.

 

 

A.Bonnet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Francois Rabelais

Médecin de 1532 à 1535

 

Antoine Charial

Administrateur 1925- 1965

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entrée du musée

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

   

 

 

  

 

LA CHAPELLE

La chapelle de l’Hôtel-Dieu fut bâtie de 1637 à 1655, grâce à la générosité des Lyonnais. Sa façade est de style Louis XIII, intermédiaire entre le maniérisme de Fontainebleau et le baroque. Elle est due à l’architecte sculpteur lyonnais Jacques Mimerel, auteur aussi de la très belle Vierge en marbre blanc qui décore l’autel.

 

 

 

Des sculptures de J.H. Fabisch ornent les autels des chapelles latérales. On peut noter une pietà d’excellente facture. Parmi les tableaux, la Vierge de Pitié de Thomas Blanchet (1614-1689) œuvre maîtresse de ce peintre, est attestée dans la chapelle bien avant la Révolution. Des œuvres variées méritent aussi l’attention, telles que les portes du tabernacle, exécutées sans doute par les ateliers d’orfèvre Armand-Caillat, ou le chemin de croix, l’orgue, le groupe du baptême du Christ qui évoquent le style de J.M. Bonassieux. La chapelle de l’Hôtel-Dieu est un trésor de notre patrimoine. Encore ouverte au culte, elle a besoin d’une restauration et de votre attention.

 

 

 

 

 

La chaire à prêcher

 

Cette chaire provient de l'ancien couvent des Carmes Déchaussés de Lyon, aujourd'hui detruite. Elle est typiquement baroque. L'abat-voix irradie la lumière par un soleil d'or. Il est surmonté d'une couronne et d'un ange musicien désignant les Cieux de la main droite. La chaire a longtemps été attribuée au sculpteur Marc Chabry II, actif à Lyon entre 1731 et 1761.Toutefois l'inventaire révolutionnaire de 1791 mentionne : "chaire du prédicateur fait par le sculpteur Guillot." Cet artiste n' a jamais été identifié.

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Jésus chez Marthe et Marie

J.H Fabisch 1812-1886

 

  

 

Le curé d'Ars

 

La résurrection de Lazare

J.H Fabisch 1812-1886

 

La mort de Joseph

Charles Dufraisne

 

 

 

 

 

  

Test de restauration

 

L'intégralité du bâtiment et du mobilier est classée Monument Historique depuis 1941. Cependant, aucune autre restauration n'a été entreprise depuis 150 ans. Ces trésors sont donc actuellement cachés sous une épaisse couche de poussière parfois incrustée dans les ouvrages. Un projet de restauration a donc vu le jour pour redonner à la chapelle sa magnificence.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vierge de pitié

 Thomat Blanchet 1614-1689

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

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